La nouvelle vague: son influence sur le scénario

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Au début du Cinéma, on distingue deux manières différentes de préparer son tournage. Georges Meliès, par exemple, rédigeait des scénarios précis et méthodiques, pour préparer au mieux ses effets spéciaux, et ses tournages en studios. A l’inverse, Max Linder écrivait ses scénarios en allant aux studios (il n’écrivait cependant que des gags, et n’avait pas besoin d’effets spéciaux).

Dans les années 30 40, le cinéma français laisse à désirer, et pour cause: sa prospérité économique. En effet, les systèmes de productions sont hiérarchisés, et donnent l’impression d’un système de fonctionnement d’entreprise, voir d’usine, le modèle de succès étant le genre du « réalisme poétique » ou des adaptations de roman. Ce phénomène, qui donne une place trop importante aux dialogue et aux scénarios, a tendance à étouffer toute créativité, comme par exemple dans les films Le diable au corps, ou Gervais, qui sont des adaptations littéraires. De plus, on a tendance à confondre qualité cinématographique et références littéraires, et à faire la part trop belle aux dialogues artificiels et aux mots d’auteurs pensants.

Les années 50 vont cependant marquer un tournant. Ce sont les rédacteurs des Cahiers du cinéma, à cette époque tenu par Eric Rhomer, Jacques Rivette, Claude Chabrol, Jean-luc Godard et un certain François Truffaut… (qui deviendrons plus tard les cinéastes de la nouvelle vague) qui vont changer la politique des auteurs. En effet, ils vont remettre le réalisateur la la place de l’auteur véritable de son œuvre. Ils souhaitent s’affranchir de ces règles étouffantes afin de gagner en liberté de tournage et de prises de vues, en tournant en décors naturel par exemple. La nouvelle vague, c’est donc des scénarios minimalistes, des intrigues minces, des personnages quotidiens, des héros atypiques, à l’opposé des héros d’adaptations de romans, et inspirés du réalisme poétique. Les scénarios laissent alors place à l’improvisation, à des discours plus libres sans enjeux dramatiques, ou encore intègrent des éléments étrangers comme dans Pierrot le fou, qui intègre un sketch de Raymon Devos.

Cette petite révolution s’oppose clairement au cinéma de scénaristes et de dialoguistes, tels Charles Spaak, Henri Jeanson ou Jaques Prévert dans les années 30, dont la période fut désignée de façon péjorative comme « Cinéma de qualité Française ».

Par nécessité, le scénario est donc devenu plus libre, les découpages moins rigides, laissant place à l’improvisation. Ce changement a eu pour incidence au début des années 70, de minorer la place du scénario et des scénaristes. Le cinéma d’aujourd’hui est enfant de cette période, puisque les scénarios sont libres et changeables, et laissent une possibilité d’improvisation non négligeable.

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