Utopia

utopia

Créée par Dennis Kelly // 2013

Avec Fiona O’Shaughnessy, Nathan Stewart-Jarrett..

Série // Drame et Thriller Britannique

 

Si nous pouvons définir un lien commun entre toutes les séries, c’est qu’elles sont extrêmement chronophages (du moins pour une très grande majorité). Rares sont les passionnés réussissant l’exploit  de résister à l’envie de regarder plusieurs épisodes d’affilé, au risque de boucler cette série en un temps record. Globalement, c’est un signe laissant entendre que la série est plutôt bien construite, et réussie.  Utopia ne déroge pas à  la règle.

Utopia est le nom d’une bande-dessinée dans laquelle un vaste complot de portée mondiale est dépeint. Le sujet y est décrit avec une telle plausibilité dans ses propos, que de nombreuses théories en émanent, nourries par le fait que le tome II ne fût jamais autorisé à être publié, et ce sans explication cohérente. Parmi les partisans de cette théorie, nous retrouvons Ian (essentiellement connu en France via Misfits), Becky, Grant et Wilson, des individus ayant fait connaissance sur le web, et partageant la même passion pour cet ouvrage. Lorsque l’un d’eux se retrouve en possession du manuscrit original, les quatres protagonistes sont pris pour cibles par une organisation richissime et prête à commettre toutes les atrocités imaginables pour parvenir à leurs soutirer cet ouvrage. Ian, Becky, Grant, Wilson n’ont pas d’autres choix que de s’enfuir pour survivre, et se rendent très vite compte qu’Utopia n’est certainement pas une œuvre fictive.

Utopia est une série toujours en cours de production, mais dont la saison 3 n’est pas assurée puisque la Fox a décidé de la déprogrammer, faute d’audience et en dépit des fans (dont votre humble auteur en fait partie). Pourtant, cette série avait tout pour plaire : si le sujet dans sa forme brut ne paraît pas très original, le résultat est pourtant en totale rupture avec toutes les séries sociétales-complotistes à ce jour. L’histoire est écrite avec beaucoup de finesse, et paraît incroyablement probable et réaliste vis à vis de toutes les références à des faits réels, passés ou actuels. Par une construction scénaristique fondée sur des événements réels, des personnalités existantes, et par un déroulement froid et sans concession, l’immersion du spectateur se produit avec une telle efficacité qu’on en reste bouche bée. Cette immersion prend également tout son sens grâce à une musique électro-atmosphérique unique en son genre et spécialement conçue pour la série. Le résultat est fabuleux : la musique se calque avec perfection aux scènes présentées, leur donnant une véritable aura, leur apportant un poids émotionnel indissociable du fait qu’en son absence, l’effet ressenti serait fortement amoindri.

Si le sujet de la série est grave et qu’elle s’apparente clairement au genre du drame et du Thriller, l’ambiance qui s’en dégage n’en est pas pour autant pesante. De nombreuses scènes son teintées d’un humour très « british » (trash et absurde), apportant à la série un petit peu de légèreté et permettant au spectateur de reprendre son souffle parmi cet amas d’événements plus graves les uns que les autres. Cette légèreté se retrouve également dans le choix artistique du réalisateur, sans quoi la série serait définitivement une œuvre noire dans le même courant que « Sin city ». En effet, l’esthétique de la série y est unique et constitue une véritable marque de fabrique. Cette empreinte est avant tout définie par une utilisation des couleurs très audacieuse, avec l’utilisation de colorations très vives, « flashies », à la limite du pop-art… bref, très « british ». Ainsi, les éléments qui nous sont présentés (aussi bien l’environnement que les habits des protagonistes) se démarquent allègrement, si bien que cet aspect constitue une véritable identité à part entière pour la série.

Utopia est un petit bijou tout à fait représentatif de la culture anglaise. Son format très court pour une série (12 épisodes d’une heure répartis sur deux saisons) n’entrave absolument pas le déroulement du récit, et il permet à la série de se distinguer des autres divertissements à la durée prolongée dans un souci de rentabilité.  Dennis Kelly nous offre ici une performance hors du commun pour un premier essai dans la réalisation, et on espère sincèrement qu’il parviendra à convaincre les producteurs de le laisser finir son œuvre.

-Victor

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