Persepolis

persepolis

Persepolis est un film d’animation de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, sorti en 2007. Il est tiré de la bande dessinée éponyme, de Marjane Satrapi. Le film a été interdit en Iran, ainsi qu’au Liban durant quelques temps.

Ce film autobiographique raconte les évènements qui ont bouleversés l’Iran début des années 1980 : la chute du Shah, l’arrivée de la nouvelle république islamiste, la mise en place d’une dictature religieuse, ainsi que la guerre avec l’Irak.

Dans ce contexte, les personnages principaux (le père, la mère, la grand-mère, l’oncle de Marjane et Marjane elle-même) nourrissent tous des idéaux d’égalité et de liberté contre la république islamiste. Pour l’exemple, Anouche, l’oncle de Marjane est un révolutionnaire communiste, qui mourra pour défendre ses valeurs.

Les différents évènements du film y sont traités avec une focalisation interne : c’est le point de vue de Marjane que le spectateur adopte. Ce procédé renforce le processus immersif, et permet un attachement immédiat à la personnalité atypique qu’est celle de Marjane.

Marjane, dès son plus jeune âge, souhaite être prophète, et aspire à un monde sans souffrance, dans lequel chacun serait libre de ses pensées et gestes. Rapidement, elle témoigne de son opposition au régime en place, et se rebelle par ses choix musicaux et vestimentaires. Adolescente, elle est envoyée par sa famille en Autriche pour étudier, mais aussi et surtout, pour être protégée. Marjane s’adapte alors difficilement à la vie en Europe, seule, étrangère, et choisit de revenir en Iran, où elle se marie. Elle finit par se rendre compte qu’elle ne souhaite pas vivre dans ce pays privé de liberté, divorce, et part pour la France.

C’est notamment par le biais du langage employé, que l’on peut appréhender la liberté de personnages forts, comme la mère de Marjane, mais surtout la grand-mère, qui n’hésite pas à être vulgaire pour affirmer sa liberté de penser et d’agir.

Concernant l’esthétisme, les formes utilisées sont épurées, sans fioriture ni détails, et les dessins sont simples, mais très expressifs. L’utilisation du noir et blanc est là pour signifier les flash back, qui nous campent la jeune vie de Marjane, et la couleur, beaucoup plus rare, est employée pour représenter le présent, celui d’une Marjane adulte. Le noir et blanc permet également de mettre en avant la gravité du propos du film.

Un film engagé contre toute idée d’oppression et d’obscurantisme religieux donc, et qui aborde différents thèmes, comme les régimes dictatoriaux, la guerre, la résistance, la liberté, l’adolescence, la solitude, ou encore l’exil. L’auteure plaide pour l’égalité homme/femme, et prône la tolérance. Le choix d’avoir réalisé un film empli d’humour représente un moyen très pertinent de résister à l’oppresseur. Ce parti pris sert le film à merveille.

Ainsi, l’œuvre de Marjane Satrapi constitue un témoignage touchant des évènements tragiques qui ont traversé l’Iran au cours de cette période. Un film d’animation dont on ne se lasse pas de visionner, et qui nous parle d’un pays qui reste encore, aujourd’hui, l’un des pays les plus fermés du monde, et dans lequel les libertés sont plus que restreintes.

-Céline

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