God Bless America

god bless america

Sortie le 10  octobre 2012 // comédie américaine // interdit aux – de 12 ans, et c’est plutôt justifié !

Réalisé par Bobcat Goldthwait

Comédie américaine avec Joel Murray, Tara Lynn Barr, Melinda Page Hamilton

Frank n’est pas un homme très heureux : il est divorcé, célibataire de longue date, et occupe un poste professionnel qui le déprime. Comme si cela ne suffisait pas, sa fille est une morveuse complètement gâtée par sa mère, qui refuse de voir son père à moins que ce dernier ne lui offre des cadeaux (high-tech, de préférence). Et pour couronner le tout, Franck est exaspéré par le tournant qu’emprunte son pays, sombrant de plus en plus dans les tréfonds du divertissement médiatique cruel, lourd, et obscène. Seulement un jour, c’en est trop, et Franck craque. Il décide donc de « nettoyer » ce monde du divertissement rongeant petit à petit l’intellect de générations entières. Au cours de sa sanglante péripétie, Franck croisera le chemin de Roxy, une adolescente partageant ses convictions…

Qui n’a jamais rêvé de tabasser les Kevin, Amélie, ou encore Michael des « Anges de la télé-réalité » ? Sur ce point, God Bless America a une véritable vocation cathartique. Dans ce petit bijou, B. Goldthwait met le spectateur face à la triste culture « next-gen » et médiatique américaine. Culture dans laquelle humiliation, stupidité, vulgarité, et bien d’autres synonymes sont des notions définissant tout à fait le concept des émissions y étant diffusées. On y retrouve pour personnage principal un homme isolé, faisant preuve d’une grande réflexion et d’un relativisme unique par rapport à son entourage, mais on y retrouve surtout un homme inquiet et pessimiste quant aux capacités intellectuelles et morales des générations à venir, gavées d’images aberrantes et abjectes. Cet homme, décide donc de remédier à ce problème par le biais d’une méthode insolite et peu conventionnelle : flinguer le maximum d’acteurs participant à l’élaboration médiatique de cette société.

Sur le plan esthétique, God Bless America est très soigné. Les plans se succédant sont, sans se montrer très originaux, très bien choisis et visiblement travaillés. Un nombre important de scènes sont plutôt trash et politiquement incorrectes, pourtant rien n’est caché, elles sont au contraire exhibées dans l’excès et appuyées par l’usage d’un slow motion récurrent. Pourtant, malgré la violence gratuite assumée et crue, God Bless America ne sombre pas dans le sadisme ou dans le voyeurisme. Il s’agit avant tout d’une comédie : toutes les scènes sont teintées d’un humour noir savoureux, grinçant, et en tenant compte de la personnalité des victimes des deux protagonistes, le spectateur parviendrait presque à penser que ces crimes sont « justifiés », et se positionne de tout cœur avec eux. Ainsi, God Bless America s’avère être une véritable tribune contre l’appauvrissement culturel par les divertissements médiatiques, une tribune dénonçant la carence de communication rongeant petit à petit les relations entre les êtres humains. Bien que la déontologie des deux protagonistes principaux est tout de même extrêmement limitée, puisque ne consistant qu’à vider des chargeurs sur tous les individus peu agréables (un point que l’on peut leur reprocher d’ailleurs), il n’en reste pas moins que le visionnage de ces scènes est tout simplement jouissif, chacun d’entre nous ayant déjà eu affaire à au moins un casse pied (pour rester poli) retranscrit à l’écran.

Concernant la bande originale du film, cette dernière joue un rôle prépondérant en ce qui concerne le ressenti émotionnel de chaque scène. Plutôt construite à partir de musiques country, et de rock vintage, le choix musical parvient réellement à renforcer l’immersion du spectateur, à faire émaner une intensité sauvage et brutale aux images diffusées sur l’écran. Une bande originale d’une grande qualité !

Sans être indispensable, ce film n’en reste pas moins un excellent long-métrage, et porte une vision très réaliste sur le chemin qu’emprunte les États-Unis, aussi bien en termes de mentalités, que de divertissement.

-Victor

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