Mustang

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Sonay (Ilayda Akdoğan), Selma (Tuğba Sunguroğlu) Ece (Elit Işcan), Nur (Doğa Zeynep Doğuşlu), Lale (Güneş Nezihe Şensoy), 5 jeunes filles Turques, de 13 à 21 ans ont conquis le dernier Festival de Cannes dans le premier film de Deniz Gamze Ergünven, présenté à la Quinzaine des réalisateurs, dont elles sont les héroïnes. « Mustang », un titre en référence aux chevaux sauvages, raconte le destin de cinq sœurs dans un petit village, qui vont entrer en rébellion contre leur oncle qui assure leur éducation.

La première scène s’ouvre sur la sortie des classes dans un petit village turc au bord de mer. Une bande de jeunes filles rentre chez elles, chez leur grand-mère. Sur la longue plage, les filles rigolent, chahutent et sont acconpagnées par quelques garcons, qui les entraînent dans une baignade improvisée. A cheval sur les épaules des garçons, les filles jouent, crient et rient, avant de retourner chez elles les cheveux mouillés.

Les faits sont rapportés par une femme du village, elles sont jugées très vite comme impudiques. Honteux, l’oncle les assignées à résidence dans une maison devenue prison, sous la surveillance d’une grand-mère traditionaliste. Séquestrées par leur famille, qui décide de les marier de force, elles vont essayer d’échapper à leur sort. Entre leurs nombreuses révoltes, elles apprennent la cuisine, la couture,.. et à être de « bonnes » femmes selon leur critères.

Dans un premier temps, elles entament une résistance, n’acceptent pas de devoir endurer la déscolarisation. Elles ont une vision réaliste, et ont la hantise de se savoir condamnées à un avenir désolant, comme les autres femmes du village, qui font mine d’avoir accepté de vivre dans l’ombre, dans des robes informes et « couleur caca », mais comprennent rapidement que cette décision est à long terme, chacune semble petit à petit accepter de respecter les règles.

Au fil du temps, chaque fille réagit à sa manière, la plus jeune d’entre elles est la seule, à ne pas vouloir mourir à petit feu et prend tout les risques pour pouvoir vivre. La plus jeune mais aussi la plus audacieuse, elle est symbole de changements, et espoir d’une nouvelle perception de la féminité.

Yasin (Burak Yiğit), livreur en camionnette qui, intrigué et amusé par l’obstination de Lale à vouloir rejoindre Istanbul, commence à lui apprendre à conduire. Mustang sème des indices vers l’issue la plus efficace contre l’emprisonnement physique et intellectuel de ces jeunes filles : l’éducation. Déscolarisée après le scandale du début du film, Lale se tourne finalement vers son ancienne institutrice afin de trouver de l’aide dans son évasion.

Les mots de la réalisatrice :

Je ne voulais pas seulement dépeindre ces filles comme les victimes d’un système, mais également rendre compte de leur vitalité et de leur aspect résolument solaire, tourné vers la vie malgré tout. Quels que soient les cadres qui se referment de plus en plus sur elles, elles cherchent à préserver leur fougue et leur liberté intérieure.

A la fois questionnement sur la place et la perception de la femme dans la société turque, et réflexion sur le passage à l’âge adulte.

-Sinemis

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