Birdman



Birdman

Réalisateur : Alejandro Gonzáles Iñarritu

Acteur principaux : Michael Keaton, Edward Norton, Zach Galifianakis,

13 récompenses (dont oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur)

Birdman (ou la surprenante vertue de l’ignorance) raconte l’histoire de Riggan Thomson (interprété par Michael Keaton) qui, après avoir connu la célébrité dans sa jeunesse grâce à un rôle de super héros nommé Birdman, cherche à relancer sa carrière afin de ne pas sombrer dans l’oubli. Il décide donc de monter une pièce dans un théâtre de Broadway, et d’y jouer l’un des rôles principaux. Cependant, en plus de ses difficultés financières, Riggan se voit contraint d’engager à la dernière minute Mike Shiner (interprété par Edward Norton), un acteur brillant mais qui s’avère être extrêmement difficile à gérer. Les répétitions de la pièce vont très vite tourner au désastre, le personnage d’Ewart Norton allant jusqu’à essayer de coucher avec sa sœur (interprété par Naomie Wats), elle aussi comédienne, en plein milieu d’une scène, et les critiques vont se mettre à assassiner le film sans même l’avoir vu. Un chaos latent va donc s’installer aussi bien sur scène, que dans la vie personnelle de Riggan, et ce jusqu’au soir fatidique de la première.

La première chose à dire sur Birdman ? Ce film est un pur chef d’œuvre, et ce par bien des aspects. L’histoire, tout d’abord, est incroyablement riche, aussi bien par les tons employés, que par l’universalité du propos. En effet, on arrive parfaitement à comprendre, et même à ressentir, ce que traverse le personnage principal à travers cette quête identitaire, qui après avoir tant voulu briller, se rend progressivement compte de la futilité de ses actes. On sera même profondément touché par le dénouement final. Ce film est aussi très drôle, du début à la fin, avec comme point d’orgue une scène hallucinante ou Riggan doit traverser Time Square en slip afin de rejoindre la représentation qui a déjà commencé. La bande son, quant à elle, essentiellement faite de batterie, vient rythmer avec brio l’intégralité du récit, et ne fait qu’accentuer ce sentiment d’immersion qu’Inarritu essaye tant de nous dépeindre.

D’autre part, les acteurs sont impeccables : Edward Norton est plus vrai que nature en comédien cynique mais profondément vrai, et Michael Keaton délivre l’une de ses meilleures prestations dans un rôle faisant directement échos à celui de Batman, qu’il a été le premier à incarner au cinéma. Cependant, le meilleur est pour la fin : la mise en scène relève du génie. Elle repose sur le concept de plan séquence (un plan unique sans coupure entre les différentes scènes), et a été réalisée avec l’aide de trucages numériques. Le résultat est un rendu ultra fluide grâce à cette caméra qui se faufile avec virtuosité à travers les décors et les différents moments de la journée, et une immersion encore plus totale dans le quotidien de cet acteur désabusé.

Cependant, et c’est surement le point le plus important, ce choix de mise en scène ne relève aucunement d’une tentative de zèle de la part du réalisateur. Il vient directement servir le propos du film. Celui-ci est l’effondrement des barrières, aussi bien celles entre la scène et les coulisses, la fiction et la réalité, qu’entre le fantastique et le réel. Pour ce dernier point, beaucoup d’entre vous ont été étonnés par la présence d’éléments complètement fantastiques. En effet, on peut voir, à de multiples reprises, Riggan utiliser des pouvoirs extraordinaires comme la télékynésie ou même la faculté de voler. Cependant, lorsque l’on regarde attentivement, on comprend que ces moments sont le fruit de son imaginaire, car ils sont constamment désamorcés par des éléments rationnels (exemple, le chauffeur de taxi qui vient demander à Riggan de payer sa note devant le théâtre alors qu’on l’a clairement vu arriver en volant). Ce qui rend complexe la compréhension de ces séquences, est uniquement le fait qu’elles soient traitées sur la même dynamique et donc le même plan que l’ensemble du film.

Pour conclure, Birdman est une pure merveille. Innovant, touchant, drôle et plein de justesse, c’est l’un des meilleurs films de l’année 2014, et je peux vous l’assurer, un futur classique. Pour ceux qui ne l’ont toujours pas vu, vous l’aurez compris, vous pouvez foncer tête baissée.

-Sacha

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