Ascenseur pour l’échafaud : Miles Davis

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Ascenseur pour l’échafaud est un film réalisé par Louis Malle en 1957. On y suit les aventures de Julien Tavernier (Maurice Ronet) qui assassine son patron. Grâce à l’aide de la femme de ce dernier (Jeanne Moreau) qui est son amante. Le héros oublie une preuve qui pourrait s’avérer compromettante sur la scène du crime. Il décide donc de retourner sur place mais se retrouve bloqué dans l’ascenseur de l’immeuble où le meurtre a eu lieu. Jeanne Carala erre dans la ville en attendant désespérément le retour de son amant.

Ce long métrage est le premier de Louis Malle, il le réalise à l’âge de 25 ans. Mais ce n’est pas ce film qui fera passer Louis Malle à la postérité. Et avec les années les gens se souviendront plus de la bande-original qui deviendra un réel succès commercial. En effet elle sera vendue en de nombreux exemplaires et rééditée fréquemment jusqu’à nos jours. Il faut dire que cette bande originale a tout pour plaire.

Le quintet qui enregistre la musique est composé de certains des plus grands musiciens jazz de l’époque, on retrouve Barney Wilen au saxophone ténor, René Urtreger au Piano, Pierre Michelot à la contrebasse, Kenny Clarke à la batterie et Miles Davis à la trompette. Une réelle harmonie se ressent dans ce quintet, et la performance qu’ils ont faite en enregistrant l’album est remarquable. En effet ils l’enregistrent en une seule nuit ( du 4 au 5 décembre 1957), en jouant en improvisation au fur et à mesure qu’ils regardent le film. Seul Miles Davis avait pu voir le film une fois avant l’enregistrement. Il a donc pour mission de les guider tout en laissant une réelle spontanéité et autonomie dans le jeu de ses camarades. Les cuivres et la contrebasse restent très libres, proposent des rythmes parfois à contre-courant de l’image mais la magie opère. La « chuchotante » trompette de Miles contribue, elle, à donner une atmosphère feutrée, lancinante où l’on sent son esprit divaguer à chaque nouvelle note. En entendant le premier cri sortir de sa trompette on s’imagine comme Jeanne Moreau dans le film, en train d’errer dans une ville la nuit sans but ni raison. Ou encore à contempler à travers la fenêtre de son appartement un long dimanche grisâtre où la pluie semble donner le rythme au quintet de Miles. En d’autre terme l’album de Miles Davis vaut bien le succès qu’il a reçu. Après l’avoir écouté on en ressort rêveur et on sent le son de la trompette de Miles se balader dans notre esprit pendant de longues heures…

Scène d’enregistrement : 

Scène avec Jeanne Moreau : 

-Sébastien

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2 réponses à “Ascenseur pour l’échafaud : Miles Davis

  1. Un angle d’attaque très très intéressant, j’adore le jazz, donc évidemment, j’ai tout de suite accroché avec l’éditorial, quelle découverte ! J’ai été émerveillé par la suite. Je comprends la raison de l’article, et l’envie de faire partager ce bijou, car c’est un bijou, au delà de l’article, la vidéo de Miles Davis est incroyable, et évidemment pour moi, surtout les dernières minutes d’entretien, j’en ai parlé autour de moi, bravo, continuez.

    • Merci beaucoup pour ce message et vos encouragements !
      Cela nous va droit au coeur, et nous sommes très heureux que cela vous plaise !

      L’équipe Bobine And Clap !

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