La Haine

Réalisateur : Mathieu Kassovitz
Acteurs : Vincent Cassel, Hubert Koundé, Saïd Taghmaoui
Année: 1995

Voila selon moi un film français culte des années 90. La haine passe d’abord par les mots. Si elle se matérialise, c’est à la suite d’un engrenage, de circonstances, de bêtise, de peur, et finalement de colère.

Trois copains d’une banlieue ordinaire traînent leur ennui et leur jeunesse qui se perd. Ils vont vivre la journée la plus importante de leur vie après une nuit d’émeutes provoquées par le passage à tabac d’Abdel Ichah par un inspecteur de police lors d’un interrogatoire.

Tous ces événements sont ressentis sous les yeux de ces trois jeunes hommes,  aux personnalités différentes mais complémentaires: Hubert, l’éternel zen et véritable médiateur auprès de ses camarades dont les “catch phrases” “Jusque ici tout va bien..” et “Y a pas mort d’homme..” auront une résonance bien cruelle par la suite; Vinz l’impulsif plus bête que méchant, quasiment perdu dans cet engrenage et enfin Saïd, le petit « tchatcheur » qui a toujours la bonne vanne qui tue.

“La haine” nous fait vivre paradoxalement des situations bien légères qui nous permettent de lâcher du lest avant son dénouement de violence.

Voila le second métrage et sans nul doute une première énorme claque de la part de Monsieur Kassovitz. Film de toute une génération “La Haine” nous révèle une réalité sans fard de la vie en banlieue, entre ennui, petits deals et incompréhension totale entre deux mondes voire trois (police-banlieue-médias) sans réel espoir de dialogue constructif.

Parce que que malgré les vannes, la “Haine” reste un drame et Kassovitz nous fait quelques piqûres de rappel qui font très mal (l’interrogatoire dans le commissariat provoque un réel malaise, par exemple).

Le tournage en noir et blanc renforce le coté froid ,comme la mort, de certains passages ( l’attaque au shotgun dans la rue, Vinz face à son destin devant le skin ,joué par le réalisateur lui même) ainsi que le coté obscur et noir du sujet traité par le film .

La distribution, qui est excellente d’une part par ses personnages principaux ( je dis oui au charme de Vincent Cassel et à la sincérité de Hubert Koundé et Said Taghmaoui, qui je rappelle sont tous les trois inconnus à l’époque  ) mais aussi par ses personnages secondaires , avec comme guests , un certain Benoît Magimel, Phillipe Nahon, ou encore Vincent Lindon,  qui rendent l’oeuvre encore plus percutante et unique.

Cette Journée est ponctuée par des intertitres indiquant l’heure de l’action. L’unité de temps est importante, car elle est l’élément dramatique du récit. L’heure avance, le suspense grandit, que va-t-il finalement se passer ?

Réalité ou fiction, le film est troublant car les prénoms des principaux personnages sont identiques à ceux des acteurs. Le réalisateur avouera d’ailleurs  » Il n’y a pas d’intrigue, c’est une sorte de journal ou de reportage « 

Plus la journée avance, plus l’étau se resserre, plus les plans se font rapides. Le summum du film, la dernière minute, 6h01 du matin, le point culminant où la tension se fait sentir, devient concrète, presque palpable est admirablement bien amenée.

Quelle sera la finalité de cette journée de galère qu’ont subit Hubert, Vinz et Saïd ?

« C’est l’histoire d’un homme qui tombe d’un immeuble de cinquante étages. Le mec, au fur et à mesure de sa chute se répète sans cesse pour se rassurer : jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien.

Mais l’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage. »

– Audrey 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s